• 4 motets, Opus 10

Ubi Caritas - Tota pulchra es - Tu es Petrus - Tantum ergo

• Requiem, Opus 9

de Maurice Duruflé

avec orgue et chœur

Direction : Bisser Kostadinov

Orgue : Jean-Michel Robbe, titulaire de l'orgue
à l'Abbaye Saint-Michel de Frigolet

 

Jeudi 10 mai 2018

Cathédrale N.-D. de Nazareth - Vaison-la-Romaine, 18 h

Billetterie en ligne sur notre site. Egalement à l’Office du Tourisme de Vaison à partir du
2 mai et à l’entrée du concert
. Places : 18 €,  15 € - Gratuit pour les moins de 16 ans

 

Dimanche 24 juin 2018

Abbaye Saint-Michel de Frigolet - Tarascon, 17 h

 

Dimanche 22 juillet 2018

Cathédrale N.-D. de Nazareth - Vaison-la-Romaine, 18 h

Le Requiem, opus 9, de Maurice Duruflé, commandé par son éditeur de musique Auguste Durand, est sans conteste reconnu comme l’un des chefs-d’oeuvre du XXe siècle musical. Une des originalité de cette œuvre est qu’elle existe en trois versions différentes : une avec grand orchestre et orgue, donnée lors de sa création en 1947, et une version avec orgue et quintette à cordes, harpe, trompettes et timbale, réalisée par le compositeur en 1961. Entre ces deux versions, il en existe une, toujours de l’auteur, pour orgue seul et chœur.

C’est cette version qui sera interprétée. Une version si juste et limpide qu’on a l’impression que c’est elle que Duruflé a vraiment entendue intérieurement, elle n’est certes pas un simple substitut de celle pour orchestre mais une véritable partition réalisée dans l’esprit de l’instrument. Ici, non seulement l’orgue équilibre parfaitement les chœurs, mais il exalte la vocalité merveilleuse de ces pages en s’effaçant paradoxalement devant elle. Présence nécessaire, parce quelle ne s’impose pas, mais développe un souffle profond et coloré.
 
On a souvent comparé le Requiem de Maurice Duruflé à celui de Gabriel Fauré parce qu’il est porteur de paix, de consolation et d’espérance comme celui de son illustre prédécesseur, et que l’on a vu en lui une nouvelle “berceuse de la mort”. Ce jugement mérite d’être nuancé. Certes nous sommes loin des fracas romantiques dans l’une et l’autre œuvre, car leurs auteurs ont tous deux refusé de mettre en musique la terrifiante séquence du Dies irae. Et il semble que Maurice Duruflé ait effectivement pris Fauré comme modèle dans la distribution vocale de certains numéros.
 
Mais au-delà de ces ressemblances de pure forme, l’esprit qui se dégage de l’œuvre de Maurice Duruflé est assez différent : on y relève des passages puissamment dramatiques dans l’évocation de la gueule du lion et des peines de l’enfer (Offertoire), dans celle de la fin des temps et du feu infernal (libera) ; l’Hosanna du Sanctus est une fantastique envolée d’une force saisissante ; et que dire du Pie Jesu que Fauré voulait angélique et confiait à une voix d’enfant, alors que Duruflé signe là une page d’un lyrisme poignant l
 
Mieux qu’aucune autre peut-être, cette musique exprime la confiance que l’Homme place
en Dieu face à ses craintes et ses doutes. Fauré compositeur agnostique, avait signé une
œuvre admirable où la beauté pure laissait transparaître un sentiment religieux, laissé à l’appréciation de chacun. Maurice Duruflé, musicien profondément croyant, nous semble plus proche parce que sa musique nous interpelle fortement ; il nous livre un message très humain : désarroi de l’homme, lutte, mais aussi espoir face à son devenir.
 
Maurice Duruflé écrivait :
« D’une façon générale, j’ai surtout cherché à me pénétrer du style particulier des thèmes grégoriens de la messe des morts : ainsi me suis-je efforcé de concilier, dans la mesure du possible, la rythmique grégorienne - telle qu’elle a été fixée par les Bénédictins de Solesme - avec les exigences de la mesure moderne. »

 

Biographie

Né à Louviers (Eure) le 11 janvier 1902 et mort à Louveciennes le 16 juin 1986, Maurice Duruflé est un organiste et compositeur français.

 

Enfant, il fréquente l’école de choristes de la Cathédrale de Rouen pour y étudier le chant choral, le piano et l’orgue. À 17 ans il part à Paris pour y étudier l’orgue avec Charles Tournemire ; il intègre à 18 ans le Conservatoire de Paris. Il y étudie la composition avec Charles-Marie Widor et Paul Dukas et l’orgue avec Eugène Gigout.

 

Avec Olivier Messiaen et Jehan Alain, Maurice Duruflé appartient à une illustre génération de compositeurs qui reçut une vive empreinte de Tournemire, soit par son enseignement soit au travers de son immense cycle “L’Orgue mystique” : en sa triple fonction liturgique, méditative et médiatrice entre l’assemblée et le Créateur, l’organiste doit abstraire la puissance de l’orgue symphonique pour magnifier cette mémorielle expression - monodique, modale et portée par la voix humaine - qu’est le plain-chant.

 

Ainsi guidé par cet idéal, Maurice Duruflé ne força pas sa nature pour prendre sa place dans les esthétiques nouvelles. Il revendiqua la modalité telle que la musique médiévale l’avait codifiée et affirma : « J’ai toujours vécu dans le chant grégorien qui est un langage

évidemment plutôt sage. » Il ne composa pas beaucoup, tant il fut exigeant avec lui-même.

 

Bien entendu, la musique d’orgue tient une place majeure dans son catalogue. Mais sa production sacrée a également concerné la voix : à côté de son Requiem, mondialement célèbre depuis sa première audition en 1947 par Paul Paray, on y trouve, tout aussi humbles et intenses, la Messe “Cum jubilo” et “Notre Père” pour 4 voix mixtes dédiée à Marie-Madeleine Duruflé.

 

Mais on aura gardé d’oublier sa musique de chambre et, surtout, sa musique d’orchestre : “Trois danses”, opus 6, et “Andante et Scherzo”, opus 8, qui expriment une confiance en un ordre du monde que le XXe siècle a tant bousculé. Admirant sans cesse ses deux grands maîtres Vierne et Tournemire, Maurice Duruflé a tenu à écrire certaines de leurs improvisations ; par là, il atteste que, plus que tout autre musicien, un compositeur- organiste s’insère immanquablement dans une dynastie professionnelle pluriséculaire et insécable.

Version imprimable Version imprimable | Plan du site
© CHOEUR EUROPEEN